dimanche 12 juillet 2009

Le Tour des paradis fiscaux…

La vérité nous (mon collègue Eric Serres et moi-même) oblige à vous dire notre contentement d’avoir définitivement tourné le dos à Andorre, samedi. Citée de carton-pâte au luxe de mauvais goût, où tout est commerce et dévolu au dieu euro-dollar, et où, tenez-vous bien, vous pouvez lire cette pancarte étonnante à l’entrée de la ville : « Banques privées, c’est notre raison d’être. » Vous avez bien lu... Vous aussi vous avez la nausée ?

A l’initiative d’altermondialistes, des actions citoyennes ont heureusement été menées pendant le passage du Tour pour
« dénoncer les paradis fiscaux ». « Le Tour a la bonne idée de passer par trois des cinq paradis fiscaux aux frontières de notre pays, Monaco, Andorre, puis la Suisse, quel symbole », a ironisé Maël Theulière, d’Attac France, qui, comme nous, ne cache pas son dégoût. Une banderole « Paradis fiscal enfer social » n'a pu cependant être accrochée par les militants sur un téléphérique désaffecté au passage des coureurs, au niveau de la station d'Ax-les-Thermes : les gendarmes (français) les en ayant empêchés…

Autant se le dire. Les paradis fiscaux ne sont-ils pas l’équivalent de l’EPO pour les cyclistes, des produits dopants pour les multinationales et autres grandes fortunes au cœur de la compétition financière mondialisée ? Rappelons que, trois mois après le G20 de Londres, les belles promesses sont pour l’heure restées lettres mortes…

« Nous n'entendions pas perturber le Tour mais simplement profiter de son impact médiatique pour faire ressortir cette question auprès du grand public », déclarait Françoise Laborde du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). A l'arrivée de l'étape à Saint-Girons, ces militants d'associations membres de la plate-forme « Paradis Fiscaux et Judiciaire » (PFJ) ont distribué des tracts, déclarant vouloir prochainement organiser une course à vélo symbolique entre la Suisse, Monaco et Andorre.

« On considère que les paradis fiscaux sont responsables de 500 milliards de dollars d'évasion fiscale et du blanchiment de l'argent sale », ajoute Attac dans un communiqué. « Résoudre le problème des paradis fiscaux est seulement une question de volonté politique », indique pour sa part Christian Terrancle, du Syndicat national unifié des impôts (SNUI). Et il poursuit: « Le grand public doit comprendre que l'argent qui est fraudé par les uns et ensuite payé par tous. »

Inutile de préciser que leur combat est le nôtre. Même sur les routes du Tour…

A plus tard…

2 commentaires:

Anonymous a dit…

Je partage à 100% ce qui est écrit là. La direction du Tour de France a vraiment dépassé les bornes cette année. Cela n'a pas été assez dit. Heureusement que l'Humanité est là ! Merci.

M. Neuville a dit…

Moi je suis pour l'existence des paradis fiscaux et contre les enfers fiscaux ; il est naturel pour tout homme libre de fuir un pays comme la Corée du Nord ou dans une moindre mesure la France.

S'il n'y avait pas de paradis fiscaux je ne vais pas faire une liste à la prevers de leurs justifications ce qu'on peut déjà dire c'est que tous les capitaux qui circulent dans ceux-ci ne se retrouveraient pas ailleurs et que les richesses en question ne seraient jamais créées. Il n'y aurait plus aucune incitation pour ne pas mettre en place des taux d'imposition absolument délirants, c'est la seule raison pour laquelle tous les politiciens français font des effets de manche contre eux.