Chacun connaît les racines du mal, déjà expérimentées chez France Télécom. La Poste vit une crise identitaire sans précédent. Cette administration, que le monde entier jadis nous enviait, a été récemment transformée en société anonyme par le gouvernement de Nicolas Sarkozy – avec le cortège antisocial qui accompagne la privatisation. Pour décrire ce que les dirigeants tentent de leur imposer, certains postiers en pleine souffrance psychologique, n’hésitent pas à parler de «révolution culturelle».

«La vie, la santé, l’amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?» Vous vous souvenez ? C’était cynique comme du Laurence Parisot... En cette époque où tous les salariés sont menacés d’être dissous dans l’acide financier, quand toutes les frontières de la douleur ont déjà cédé sous les assauts du monstre de l’injustice, il faut se rendre à l’évidence : la souffrance au travail tue beaucoup ces temps-ci. L’«affaire» France Télécom a levé le voile. Celle de La Poste sera plus grave encore. Évoquant ni plus ni moins une «vague de suicides», les syndicats avancent déjà le chiffre effarant de 70 décès. Faudra-t-il que le décompte macabre dépasse les bornes pour que, comme à France Télécom, on finisse par ouvrir les yeux ?
Comme chaque suicidé à La Poste paraphe par son sang l’arrêt de mort du service public, chaque souffrance extrême au travail nous parle d’un monde désaxé sur la gestion et la rentabilité, où la sauvagerie du chacun-pour-soi tend à effacer le métier bien fait et la qualité fondée sur les règles de l’art, le vivre-ensemble et la coopération. Figure là tout ce que l’on sait, hélas, de l’évolution des conditions de travail au sein de l’économie dite «libérale» : la pression, la précarisation, la subordination, la concurrence entre salariés, l’individualisation croissante des responsabilités, la désaffiliation, l’humiliation, etc. Répétons-le encore et encore : l’idée que le suicide puisse devenir un acte ultime de résistance nous est insupportable !
(A plus tard...)
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