Depuis Calvi (Corse).
A bord du bateau-presse, le gigantesque ferry Mega Smeralda, amarré dans le port de l’Ile Rousse, le soleil perce difficilement les épais carreaux des salons climatisés. Sur l’épaisse moquette feutrée, des bruits de claviers tentent en vain de couvrir les crépitements de France Télévision, imposés en fond sonore par une commodité statutairement sponsorisée dont on se passerait volontiers. Le chronicoeur du Tour, élevé pour aligner les mots mais peu apte aux tangages, ne vit chaque jour que du sprint de la copie, à l’initiale d’une précipitation concurrente de celle des coureurs. L’humeur vagabonde et la plume hésitante, trempée dans l’un des berceaux méditerranéens les plus magnifiés qu’il soit possible de visiter, il fallait donc prendre le temps, avant de quitter l’île de Beauté, de raconter les points les plus saisissants de cette troisième étape, disputé entre Ajaccio et Calvi, susceptibles d’excès de langage.
Du côté des difficultés, les coureurs avaient à affronter
quatre montées: le col de San Bastiano (4e cat.), le col de San Martino
et la côte de Porto (3e cat.) et enfin le col de Marsolino (2e cat., 3,3 km à
8%), placé judicieusement à une quinzaine de kilomètres du but. Mais avant d’en
arriver là, l’échappée du jour, composée de cinq coursiers dont trois français
(Gautier, Vuillermoz, Minard), ont parcouru en toute allégresse de quoi frapper
leur mémoire capricieuse d’un sceau tellurique et marin.





























